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Pierre Teilhard de Chardin

Prêtre jésuite, homme de science et philosophe

Sarcenat, 1881 - New York, 1955

1. Témoignages cliquer ici

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 3. Pensée Cliquer ici

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Peu d'hommes, en notre siècle, auront été aussi soumis et malmenés par
leurs supérieurs
que ce jésuite,
quasi mystique, paléontologue,
qui ne put rien publier de son vivant, mais suscita
des amitiés fidèles.


Tous ceux qui l'ont connu
ont gardé le souvenir d'une extrême bienveillance et d'une grande chaleur humaine

 

Teilhard de Chardin : Pèlerin de l'avenir


Ecoutez ci-dessus (40 mn) le Père Leroy sj évoquant son ami

Pierre Teilhard de Chardin

  1. Témoignages

« ..Pierre Teilhard de Chardin est mort en 1955. Des monts d'Auvergne aux gratte-ciel new-yorkais, des tranchées de la Première Guerre mondiale à la Chine occupée par les Japonais, des falaises anglaises aux rives de la Mer Rouge, des forêts d'Asie aux collines d'Afrique du Sud, ce jésuite n'avait rien ignoré de ce qui était humain. Géologue, il avait pris au sérieux les travaux de ses collègues sur l'évolution du vivant et s'était intéressé aux traces de nos premiers ancêtres. Religieux et mystique, il avait vécu son engagement au sein de la Compagnie de Jésus avec une fidélité sans faille, malgré les sanctions dont il a été l'objet. Aventurier, il avait partagé la vie de la Croisière Jaune et celle de Henry de Monfreid. Il n'avait jamais cessé de chercher à unir sa quête et son intelligence de Dieu, avec son amour pour les hommes et les femmes de son temps. Cinquante ans après sa disparition, a-t-il encore quelque chose à nous dire ? Moi-même religieux, engagé dans le monde des sciences et des techniques, invité à répondre à cette question, je ne me suis pas tant intéressé à ses idées et à leur diffusion durant la seconde moitié du XXe siècle qu'à la vie même du jésuite : c'est l'homme, le phénomène Teilhard, pourrais-je dire, que j'ai ainsi découvert. Avec sa noblesse et son intelligence, son courage et sa générosité ; avec ses craintes aussi et ses hésitations, ses troubles et ses erreurs. Et si je savais déjà que ce gentilhomme de Dieu était de la trempe des géants, j'ai découvert en lui un grand frère sur les épaules duquel il fait bon se jucher ! »
Extrait de la postface de Jacques Arnould dans son livre ‘Teilhard de Chardin’


Portrait

Extrait d’un article de Jacques Arnould pour ‘Notre Histoire’

10 avril 1955, New York, six heures du soir. Au soir de la fête de Pâques, un jésuite passe un moment de détente avec des amis. Une habitude pour cet homme, aux activités débor­dantes et dont les loisirs ont toujours été consacrés à l'amitié. Soudain, il s'ef­fondre, sous le coup d'une hémorragie cérébrale. Pierre Teilhard de Chardin, le «pèlerin de l'avenir», l'homme aux semelles de vent, l'arpenteur de tant de déserts africains et extrême-orientaux, a accompli son ultime voyage, son ultime passage : il a enfin rejoint Celui qui, à ses yeux, se trouve au coeur de la matiè­re universelle, le Christ.

Ce voyage, il l'avait commencé trois quarts de siècle auparavant. Né le 1er mai 1881, en Auvergne, près de Clermont­Ferrand, il avait hérité de sa noble lignée non seulement une fière devise, De feu est leur énergie et céleste leur origine, mais aussi une belle humanité de gentil­homme, de parfait homme du monde. «Un homme plus que charmant, sédui­sant», écrit de lui une de ses amies, Claude Rivière, qui, avec tant d'autres, retient son «merveilleux sourire, où affleure et rayonne toute la flamme dont brûle son cœur. Cœur chaleureux, débor­dant d'amour pour tout et pour tous. Coeur d'une indulgence et d'une bonté sans limites». «He was a good man » disent, dans leur peine, le liftier ou la femme de chambre de l'hôtel où il était descendu, lors de son dernier séjour dans la mégapole nord-américaine. On a tant écrit sur Teilhard de Chardin, sur sa pen­sée prophétique, son audace, ses erreurs ; mais a-t-on toujours suffisamment pris la mesure de ce qui pourrait bien être son oeuvre la plus convaincante, sa vie elle­ même et, avant tout, son extraordinaire don pour l'amitié ?

«La terre est ronde, a dit un jour le Père, pour que l'amitié en fit le tour ». Et lui, en faisant le tour du monde, n'a pas cessé de créer un impressionnant tissu d'amitiés. Sans doute, les «enne­mis» ne lui ont jamais manqué : Allemands sur les fronts de la Grande Guerre, brigands au détour des sentiers perdus du continent asiatique, soldats japonais lors de l'occupation de Pékin au cours de la Deuxième Guerre mondiale ; mais aussi censeurs romains et autorités ecclésiastiques qui l'ont condamné au silence... et, sans doute aussi, collègues scien­tifiques peu sensibles à son charme natu­rel ! Le tour du monde des amis de Teilhard de Chardin n'en demeure pas moins un voyage aussi instructif que pas­sionnant. En voici quelques étapes.

Commençons, afin de ne pas l'oublier, par l'ami de la mer Rouge. Nous sommes en hiver 1928. Deux ans aupa­ravant, à la suite d'une « Note sur quelques représentations historiques possibles du Péché originel » (rédigée en 1922), les autorités romaines le contraignent à signer une profession d'orthodoxie sur ce dogme et d'abandonner son enseigne­ment de géologie à l'Institut catholique de Paris. Il part alors pour la Chine, au service du Musée d'Histoire naturelle de Tientsin, fondé par le Père Émile Licent. Après un séjour en France d'oc­tobre 1927 à novembre 1928, il fait halte, lors de son retour en Chine, en Somalie et en Abyssinie, où il retrouve son «ami l'Éthiopien, le pirate Henry de Manfreid». Qu'il sillonne le golfe de Tadjoura sur le boutre de l'aventurier ou se coiffe d'un turban «pour ne pas effa­roucher les indigènes de ces tribus res­tées extrêmement sauvages», le désir de Teilhard est le même : ne pas laisser perdre une occasion d'expérimenter et de chercher, non seulement les coraux et les poissons, les couches géologiques et les ossements, mais aussi l'humain.

La Chine lui fournit maintes occasions de le faire et maints «spécimens» d'hu­manité... en dehors du Sinanthrope (voir encadré) ! La découverte de Sinanthropus pekinensis, en décembre 1929, dans des couches géologiques du Quaternaire (400 000 ans) dont il a assuré l'étude, n'est pas seulement le fruit d'une colla­boration entre plusieurs institutions scientifiques avec lesquelles le jésuite collabore : le Service géologique de Chine (d'origine chinoise-américaine­suédoise), l'Institut médical Rockfeller (américain-chinois) ou encore l'Univer­sité chinoise libre. Cette découverte est aussi l'occasion de nouer de belles ami­tiés avec d'autres chercheurs. Lorsque l'un d'entre eux, Davidson Blake, meurt brutalement, en mars 1934, «entre le Sinanthrope et l'Homme de la grotte supérieure, parmi ses cartes et ses livres», Teilhard écrit à l'abbé Breuil, autre paléontologue célèbre: «J'ai perdu là plus qu'un frère (...). Il y a dans cette mort un élément irréparable (...). Une belle mort en plein élan, mais un vide terrible. On va serrer les rangs pour continuer le travail. Mais quelle chose stupide, en apparence, que la vie».

Devant le corps de son ami, il jure « de lutter plus que jamais pour donner une espérance au travail et à la recherche humaine». C'est une amitié forte, intel­lectuelle et personnelle, qui se scelle, dix ans plus tard, en 1946, entre Teilhard et le biologiste agnostique Julian Huxley, devenu en 1947 directeur général de l'Unesco. Jusqu'en 1955, les deux hommes ne cessent pas d'échanger et de confronter leurs idées. «Nous sommes frappés - dit Teilhard de leurs propres idées - par le rassemblement révolution­naire de l'Humanité sur elle-même, et par le développement, à l'intérieur de cet ensemble totalisé, d'un réseau rami­fié de cultures et de credos, qui reproduit curieusement, en milieu pensant, les divers types de la phylogenèse* zoolo­gique». Sans doute, là où le rationaliste Huxley ne voit qu'une accumulation, une confluence biologique, le catholique Teilhard parle de convergence et de complexification ; du moins, à travers leur amitié, quelques éléments du dialogue entre la tradition chrétienne et la culture scientifique moderne sont posés.

«Vouloir être homme jusqu'au bout», lui répète Teilhard de Chardin, lorsque son jeune confrère ne voit plus très clair dans sa vie, en particulier lors de leur séjour forcé en Chine, sous l'occupation japonaise. «Pars courageusement, laisse toutes les villes», ajoute-t-il en citant Alfred de Vigny. Teilhard partage avec Leroy une amitié que l'on pourrait quali­fier d'aventurière et de scientifique : si l'aîné participe seul à la Croisière jaune, organisée par Citroën entre mai 1931 et février 1932, les deux jésuites collabo­rent ensemble à de nombreuses expédi­tions de fouilles en Extrême-Orient, dans le cadre des institutions citées précédem­ment ou de l'Institut de Géobiologie qu'ils fondent tous les deux à Pékin en 1940. À cette dimension «active» de leur amitié, s'ajoute, pourrait-on dire, un compagnonnage spirituel. Sans doute, Leroy n'est pas seul dans ce cas, l'amitié chez Teilhard étant sans bornes, y com­pris dans la Compagnie de Jésus ; mais son témoignage est précieux pour mieux approcher les fondements de l'amitié vécue et partagée par son aîné.

Cette amitié a un double sens. Un sens humain et un sens cosmique. Pour le comprendre, il faut rappeler la manière dont Teilhard de Chardin conçoit l'hu­manité. «L'Homme - écrit-il dans Le Phénomène humain écrit de 1938 à 1940, remanié en 1947 et en 1948, mais seulement publié en 1955 après la mort de son auteur - non pas centre de l'Univers, comme nous l'avions cru naï vement, mais, ce qui est bien plus beau, l'Homme flèche montante de la grande synthèse biologique. L'Homme consti­tuant, à lui seul, la dernière-née, la plus compliquée, la plus nuancée des Nappes successives de la Vie». La vision de Teilhard de Chardin est celle d'un évolu­tionniste : l'Évolution, explique-t-il dans Le Phénomène humain, est une lumière qui éclaire tous les faits, «une courbure que doivent épouser tous les traits». Dès lors, le monde a une histoire, il connaît un développement, de la matière la plus élémentaire à la complexité la plus gran­de, en l'occurence l'Homme. Avec l'ap­parition de l'humanité, en effet, le pas de la pensée est franchi : la conscience, déjà présente dans la matière, mais encore enfermée dans les instincts du vivant, peut enfin se déployer librement. Et c'est dans ce cadre, cette «Noosphère *», que l'amitié trouve son explication.

L'amitié, explique Teilhard de Chardin dans son Esquisse d'un Univers person­nel écrit en 1936, n'est pas l'amour-passion qui se porte avant tout sur les per­sonnes elles-mêmes, dans une quête exclusive. L'amitié, au contraire, demeu­re ouverte à une multiplicité croissante. L'individu n'est pas oublié ou nié ; seu­lement, il rejoint un intérêt commun : la poursuite d'un idéal, la défense d'une cause, les péripéties d'une recherche. Non pas la pénétration de l'un dans l'autre, précise-t-il, mais plutôt le pro­grès à deux dans un monde nouveau ; autrement dit, un Quelque Chose englobe les personnes. Cette «affinité plus ou moins confuse qui nous relie psychologiquement au Tout qui nous enveloppe», Teilhard de Chardin l'appelle le «Sens cosmique». Conscience du Tout de cet univers qui n'est finalement rien d'autre qu'un amour, non plus celui de l'homme et de la femme ou celui qui existe entre deux amis, mais celui qui nous porte à aimer l'Univers parce que ce dernier converge vers un Centre ultime, une Personnalité suprême, le Point Oméga*, le Premier Moteur en Avant et finale­ment le Christ lui-même. «Le grand évé­nement de ma vie, écrit-il dans L'Étoffe de l'univers (1953), aura été la graduel­le identification, au ciel de mon âme, de deux soleils : l'un de ces astres étant le Sommet cosmique postulé par une Évo­lution généralisée de type convergent ; et l'autre se trouvant formé par le Jésus ressuscité de la foi chrétienne».

Cette belle et audacieuse spiritualité a effrayé les autorités de son temps : la condamnation de 1926 marque le début de près de trente années «de méprise et de malentendu», selon les propres mots de Teilhard de Chardin, à propos de toute sa réflexion non strictement scientifique. Des années d'un silence exigé par ses supérieurs romains «tandis que ses supé­rieurs immédiats, qui l'aidaient loyale­ment à obéir, l'encouragent dans sa recherche silencieuse et partagent son espérance» (René d'Ouince). Il tente à plusieurs reprises de soumettre à la cen­sure des ouvrages comme Le Milieu divin ou Le Phénomène humain. Peine perdue : interdit de publication de son vivant, il n'a jamais réellement reçu ce dont tout chercheur a besoin pour pour­suivre son travail, les lectures critiques de ses contemporains. Frustration im­mense pour un penseur aussi humain et riche en humanité et en amitiés que Teilhard de Chardin.

Préoccupations :le Sens cosmique de l'univers et la place du Christ parmi les hommes

Pierre Leroy est un témoin privilégié de cette préoccupation incessante de défendre le Sens cosmique de l'univers et de mettre en évidence la place du Christ au milieu des hommes et de leurs activités. Et ce, malgré les crises d'an­goisse que traverse parfois le jésuite, les défenses de ses supérieurs, les aléas d'une vie aventureuse. «Le salut pour nous est en avant, au-delà des rapides», écrit-il encore dans son Esquisse d'un Univers personnel. «Pas de recul. Mais une main sûre au gouvernail, et une bonne boussole». À la même époque, Dominique Dubarle, un dominicain, écrit dans une perspective assez ana­logue : «Nul n'est plus optimiste que le chrétien, car il connaît la vocation de l'être et l'énergie de la grâce, qui en pro­cure l'accomplissement. En un sens cependant, nul n'est plus pessimiste, si l'on veut dire par là plus aigu dans la pénétration des détresses qui affec­tent l'existence et des menaces qui pèsent sur elle».

Ce bref portrait de Teilhard de Chardin (y compris théologique), par le biais de ses amitiés, ne serait pas complet sans l'évocation des amitiés féminines du jésuite. Un dossier délicat qui a conduit des amis à différer la publication de cer­taines parties de sa (riche) correspondan­ce ; pourtant, là encore, le témoignage d'une belle humanité croyante. Nombreuses sont en effet les femmes qui ont compté dans la vie de Teilhard de Chardin. De sa mère («Chère et sainte maman, je lui dois le meilleur de moi­même !») à sa cousine et «correspondan­te de guerre» Marguerite Teillard Chambon, de la philosophe Léontine Zanta («Comme vous êtes une chose pré­cieuse et rare») à l'artiste Lucile Swan, les femmes ont toujours tenu une place centrale dans le cheminement du jésui­te... même si, à l'occasion, il a reconnu qu'il y avait «beaucoup trop de jupons autour de [moi]» ! Son charme naturel et son côté «vieille France» y sont certaine­ment pour quelque chose. Mais il y a également chez Teilhard de Chardin la découverte puis la conviction que «le Féminin authentique et pur est, par excellence, une Énergie lumineuse et chaste, porteuse de courage, d'idéal, de bonté = la bienheureuse Vierge Marie».

La voie particulière des amitiés fémi­nines, Teilhard de Chardin l'empruntera avec prudence et courage, mais aussi avec beaucoup de joie. À lire les lettres à ses amies, à suivre ses réflexions sur ce sujet, comment ne pas être persuadé qu'il y a expérimenté le meilleur de l'amitié, en même temps qu'une part de l'accomplissement de sa quête spirituel­le. En 1934, dans L'Évolution de la chas­teté, il écrivait: «Le fait, pour un homme, de centrer son coeur sur une femme ne signifie pas nécessairement que cet homme va se trouver affectivement neu­tralisé par rapport au Divin. À travers l'astre féminin, le soleil divin (parce que plus profond) peut encore être aperçu». Et, quelques années auparavant, dans Le Milieu divin : «La pureté est la rectitude et l'élan que met dans nos vies l'amour de Dieu cherché en tout par-dessus tout». Tel est probablement un des plus beaux messages de Teilhard de Chardin à notre temps.

 

TDC vu par H. de Monfreid

« ..Nul n'a échappé à cette sublime influence, et les pires devinrent meilleurs, réhabilités à leurs propres yeux par la généreuse confiance que leur accorda cet homme qui savait voir au plus obscur de leur âme, non pour les juger, mais pour y découvrir des ver­tus latentes, pour faire jaillir de cette ombre des reflets inattendus, comme un éclat de diamant, perdu dans l'immondice, brille tout â coup au rayon d'une étoile. Combien de malheureux découragés, aigris et révoltés... combien de ces déshérités, pervertis et perdus par le mépris d'eux-mêmes ont été réconfor­tés et sauvés par cet homme au limpide regard, qui savait ranimer les consciences mortes comme jésus de Nazareth ressuscita Lazare.. »

..(Chez Teilhard) le savant et le prêtre ne s'opposèrent jamais. Le chercheur et le mystique se complétèrent au ser­vice de l'unique mission de l'Église que Teilhard comprit toujours par son plus grand angle : « Etendre le règne de Dieu aux peuples nouveaux, c'est bien. Il est mieux encore, et plus direct, de le faire pénétrer jusqu'au coeur profond de l'humanité. Si nous arrivions à implanter en ce point précis l'amour de Jésus-Christ, nous serions stupéfaits en voyant le tor­rent des peuples qui reflueraient spontanément vers Jérusalem » (EP, 67).


TDC vu par Yves COPPENS

" Au point où nous en sommes parvenus de nos connaissances en paléontologie générale, il paraît surprenant que l'Afrique n'ait pas été identifiée du premier coup comme la seule région du monde où rechercher, avec quelques chances de succès, les premières traces de l'espèce humaine". Ainsi s'exprimait, avec une extraordinaire clairvoyance, Pierre Teilhard de Chardin en septembre 1954 à New York.
Je ne peux m'empêcher d'imaginer quel intense bonheur c'eût été pour Pierre Teilhard de Chardin de vivre cette toute récente période. Si je commence par cette citation prophétique et par un bref bilan de ce que nous avons découvert et appris depuis la mort du Père Teilhard de Chardin, c'est bien sûr pour lier le monde des connaissances des années 50 à celui que nous sommes en train de vivre. Mais c'est aussi pour rappeler que Pierre Teilhard de Chardin fut d'abord un paléontologiste.


TDC vu par Joël de Rosnay

Teilhard de Chardin a été un grand précurseur de la pensée complexe. Il a eu le mérite de prolonger la notion de biosphère par celle de noosphère, l'interconnexion des cerveaux humains par ce qu'il connaissait à l'époque, à savoir le téléphone, le télégraphe, et la télévision naissante. S'il avait connu l'internet, il aurait sans doute compris que le phénomène était encore plus profond, et que nous étions en train de construire progressivement "de l'intérieur", un cerveau par interconnexion de synapses (les ordinateurs et leurs modems). D'ailleurs beaucoup de chercheurs qui travaillent dans l'optique du "global brain", qu'ils soient russes, américains, japonais ou européens, citent très souvent Teilhard de Chardin dans leurs travaux.


La Chine, c'est aussi le temps du grand ami et frère dans la Compagnie de Jésus, Pierre Leroy. Avant d'être le confident et même l'alter ego (Claude Rivière l'ap­pelle malicieusement Pierre II), le Père Leroy a été le disciple de Teilhard de Chardin. Dans son journal, il raconte sa première rencontre avec son aîné : «Il me reçut dans une pièce austère [du Museum, à Paris, où il était collaborateur du professeur Marcellin Boule], située au sous-sol, mais où la lumière pénétrait par les grandes baies vitrées. La simpli­cité du Père me mit tout de suite à l'aise. Sans façon il me pria de prendre le fau­teuil et s'assit familièrement sur le coin de la table. Avec bonté, il plongea son regard dans le mien. J'étais conquis. Je sentis que ce prêtre, inconnu de moi, était à ma disposition». C'était en 1928. Cette amitié durera jusqu'à la mort de Teilhard, et quiconque a rencontré Pierre Leroy sait comment il parlera avec cha­leur et reconnaissance de son grand ami, jusqu'à sa propre mort, en 1992.

Géologue, paléontologue, prêtre jésuite, Pierre Teilhard de Chardin a été avant tout un inlassable chercheur. Il est l'un des premiers à avoir proposé une synthèse de l'Histoire de l'Univers telle qu'elle nous est généralement expliquée aujourd'hui par la communauté scientifique. Sa vision, présentée entre autre dans Le Phénomène Humain, est conçue autour du thème central de l'évolution. Il a notamment développé le concept de "noosphère", enveloppe pensante autour de la Terre, et explicité le phénomène de planétisation auquel nous assistons. Il est resté tout au long de sa carrière scientifique internationale en contact avec le Muséum National d'Histoire Naturelle qui accueille sa Fondation.

 

 

..3. Pensée Philosophique et religieuse

 

Géologue, paléontologue et prêtre jésuite, Pierre Teilhard de Chardin a été avant tout un inlassable chercheur. Il est l'un des premiers à avoir proposé une synthèse de l'Histoire de l'Univers telle qu'elle nous est généralement expliquée aujourd'hui par la communauté scientifique. Sa vision du monde, présentée entre autre dans Le Phénomène Humain, est conçue autour du thème central de l'évolution. Evolution comme montée de la complexité qui supporte la conscience avec l’hypothèse d’une convergence en un point ‘Omega’. Il a notamment développé le concept de "noosphère", enveloppe pensante de la Terre, et explicité le phénomène de planétisation en cours. Religieusement, il a peu à peu identifié Omega avec le ‘Christ Universel’ de St Paul. Tout au long de sa carrière scientifique internationale il est resté en contact avec le Muséum National d'Histoire Naturelle qui accueille sa Fondation.

Sa vision du monde :


Teilhard porte sur la matière un regard nouveau. Darwin vient de présenter sa théorie :… l’homme descendrait du singe ?!... l’Eglise, mais pas seulement elle, proteste ! Mais Très vite, Teilhard comprend que l’évolution des espèces s’inscrit dans la réalité des découvertes en cours de l’anthropologie. A partir de là, à la place de la représentation ancienne du monde, qui était celle d’un monde figé où l’action de l’Homme, apparu d’un coup et ‘tout fait’ dans la nature, s’inscrivait de façon immuable entre les pôles du bien et du mal, il propose une représentation anthropologique nouvelle dégagée d’une vision du monde compris comme une montée de complexité et de conscience. La conscience émergeant progressivement des profondeurs de la matière au fur et à mesure qu’elle s’organise. Emergence procédant par création d’entités organiquement liées de plus en plus complexes et conscientes comme le montre la vie animale. Et cela jusqu’au niveau de l’humain. Mais cheminement opérant par grandes ruptures séparées par des phases d’évolution lente préparant ces sauts : saut de la Vie, puis saut de l’Homme, c.a.d apparition d’une sur-conscience ou conscience réfléchie (= conscience de soi). L’Humanité est la créature la plus complexe. Si elle n’est plus le centre du monde, depuis Galilée, elle en est le sommet de complexité - la flèche - qui vise Dieu, pas moins, au point ultime de la trajectoire du Monde. Ce point, Ω, ne pouvant être que celui de la rencontre plénifiante attendue depuis les origines ( α ) par les entrailles du Monde. L’Homme n’est donc pas le fruit d’un hasard. Il est voulu pour sa conscience et son pouvoir d’action. Pour sa conscience réfléchie qui a maintenant les mains sur les leviers de l’évolution, donc en responsable.

Pour Teilhard l’enfance de l’humanité s’achève. Une ultra-humanité, unie, adulte et responsable, doit maintenant éclore. On en est là, à l’accouchement difficile de cette noosphère, de pensée humaine unifiée entourant la Terre (..mondialisation – Internet – etc..). C’est la mise à feu de l’étage suivant de la fusée Evolution, qui accélère sous la poussée active de la conscience humaine.

Religieusement, Teilhard s’inscrit dans la christologie cosmique de St Paul et St Jean («.. Je suis l’α et l’Ω..») qu’il traduit ainsi : « …le rédempteur n’a pu pénétrer l’étoffe du cosmos, s’infuser dans le sang de l’univers (phase α), qu’en se fondant d’abord dans la matière pour renaître ensuite (phase Ω)». Teilhard propose donc une lecture chrétienne modernisée de l’univers qui intègre la connaissance scientifique intime de la matière à la vision paulinienne du Corps du Christ Universel : un corps cosmique en phase de sublimation sous l’action transformatrice des énergies de l’amour. Il n’y a pas de place dans cette vision paulinienne de l’Incarnation pour un dualisme ( = séparation âme/corps, l’âme étant créée spécialement par Dieu, tandis que le corps n’estqu’une forme de la matière lieu de la souffrance et du mal) car il n’y a pas de corps possible séparée de l’âme qui en tient unies toutes les parties. De ce point de vue il est indéniable que Teilhard irrite encore chez les chrétiens des résidus de dualisme hérités des grecques et du modèle manichéen du mal identifié à la matière.

Philosophiquement, Teilhard réduit le vieil antagonisme esprit/matière dans une vision unifiée du réel : matière et esprit, deux faces d'un même réel.

 

 

2. Biographie

 

Ascendants de Pierre Teilhard

 

1325 Un acte prouve l'existence d'un Pierre Teilhard, notaire à Dienne (Auvergne).

1686  Naissance de Marguerite-Catherine Arouet, soeur de Voltaire et ancêtre de Berthe-Adèle de Dompierre d'Hornoy.

1816  Louis XVI!! fait octroyer à Pierre Teilhard, grand-père de Pierre-Cirice Teilhard, des lettres de confirmation de noblesse.

1841 Pierre-Cirice Teilhard épouse Marie Marguerite Victoire Barron de Chardin, d'où l'acquisition du nom de Chardin par les fils de Pierre-Cirice.

1844 Naissance d'Emmanuel Teilhard de Char­din, fils de Pierre-Cirice et père de Pierre Teilhard de Chardin.

1853 Naissance de Berthe-Adèle de Dompierre -d'Hornoy, mère de Pierre Teilhard de Chardin,

1875 Emmanuel Teilhard de Chardin épouse Berthe-Adèle de Dompierre d'Hornoy.

 

Pierre Teilhard

 

1881 Naissance de Marie-Joseph Pierre Teil­hard de Chardin (1" mai) à Sarcenat (Puy-de-Dôme.)

1883 Naissance de Marguerite-Marie, sceur préférée de Pierre Teilhard.

1892-1897 Teilhard élève au collège jésuite de Notre-Dame de Mongré.

1896 Premier baccalauréat.

1897 Deuxième baccalauréat (Philosophie).

1898 Reçu au baccalauréat de Mathématiques élémentaires.

1899 Entre dans la Compagnie de Jésus, au noviciat d'Aix-en-Provence.

1900-1901 Première année du juvénat à Laval.

1901 Premiers vceux (à Lava!).      Expulsion des jésuites (début des lois antireligieuses).

1901-1902 Deuxième année de juvénat à la maison Bon-Secours (Jersey).

1902-1905 Trois années do philosophie à la maison Saint-Louis (Jersey).

1905-1908 Lecteur de chimie et de physique au collège secondaire jésuite de la Sainte­Famille, au Caire.

1908-1917 Quatre années de théologie à Ore Place (Hastings, Sussex).

1911 Pierre Teilhard est ordonné prêtre.

1912 Première entrevue avec Marcellin Boule.

1913 Tournée des cavernes à peintures pré­historiques du nord-ouest de l'Espagne, avec l'abbé Breuil.

1914 Commence à Canterbury son Troisième An.

1915 Brancardier au 4e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs.

1916 Éveil du génie teilhardien..

1918 Prononce ses vceux solennels à Sainte-Foy­-lès-Lyon.

f919 Démobilisé.

1919-1920 Passe à la Sorbonne ses trois certificats de licence ès sciences naturelles.

1920 S'attaque à sa thèse de doctorat : Les Mammifères de l'Éocène inférieur français et leurs gisements. Chargé de cours de paléontologie et géologie à l'Institut catholique de Paris. Début de son amitié avec Édouard Le Roy.

1922 Devient, après la soutenance de sa thèse, professeur adjoint de géologie à l'Institut catholique.

1923 Départ pour la Chine et exploration des Ordos avec le P. Licent.

1924 Campagne de printemps à la lisière orientale du Gobi.

1924-1926 Intermède parisien.

1925 Défend avec vigueur le transformisme contre L. Vialleton.

1926-1927 Trois campagnes en Chine (Kansou, vallée du Sang-Kan-ho, Mongolie orientale).

1927-1928 Séjour en France.

1928-1929 Séjour de deux mois en Somalie et au Harrar avec Henry de Monfreid.

1929-1930 Séjour en Chine, campagnes diverses (Shansi, Mandchourie).

1929 Devient conseiller au Service géologique de Chine.

Prend de plus en plus en main la direc­tion de !a géologie et de la paléontologie non humaine du gisement fossilifère do Choukoutien.

1930Commence à participer à des expéditions de grand style : expédition Centre-Asie (Mongolie), de l'American Museum of Natural History (avec Roy Chapman An d rews),



 

1930-1931 Séjour en France et aux États-Unis.

1931 Breuil et Teilhard découvrent que le Sinanthropus, l'Arehanthropien de Choukoutien, proche parent du Pithé­canthrope de java, est faber (taille des pierres, usage du feu).

1931-1932 Croisière jaune.

1932-1936 Campagnes diverses en Chine ($hansi, Honan, Shantoung).

1932 Mort d'Emmanuel Teilhard de Chardin.

1932-1933 Séjour de quatre mois en France.

1933 Début de la guerresino-japonaise. Séjour de deux mois aux Etats-Unis.

1934 Début des explorations vers le sud, pour établir les connexions avec Choukoutien. Tournées dans les vallées du Yangtsé et au Szechuan.

1935 Tournée dans le Kwang-$i et le Kwang­Tong (sud de la Chine).

Séjour en France.

Participe à la Yale-Cambridge. Expedi­tion dans l'Inde septentrionale et centrale.

1936 Bref séjour à Java.

Morts de Berthe-Adèle de Dompierre d'Hornoy et Marguerite-Marie Teilhard de Chardin.

1937 Séjour aux États-Unis.

Séjour en France, où il est immobilisé par la maladie.

Départ pour la Chine.

1937-1938 Participe à la Harvard-Carnegie Expe­dition en Birmanie.

1930 Bref séjour à java, puis retour en Chine.

1938-1939 Séjour aux États-Unis, puis en France, qu'il quitte pour la Chine via !es États­Unis.

1939-1946 Est immobilisé à Pékin par la deuxième guerre mondiale.

1940 Crée avec Pierre Leroy, S. J., l'Institut de géobiologie de Pékin.

1943 Lance, avec Pierre Leroy, la revue « Geabiologia ».

1946 Rapatrié en France.    Se lie d'amitié avec Sir Julian Huxley.

1947 Débat avec Gabriel Marce sur la ques­tion : Dans quelle mesure l'organisation matérielle de l'humanité l'entraine-t-elle vers un point de maturation spirituelle ? Maladie de coeur.

1948 Séjour aux États-Unis. Entre en liaison avec le Viking Fund. Reprend contact avec la science américaine.

Séjour à Rome.

1949 Pleurésie simple.

1950 Élu à l'Institut (Académie des sciences).

1951 Séjour en Afrique du Sud, puis installation à New York,

1952 Voyage dans l'Ouest américain, visite des grands cyclotrons de l'Université de Berkeley, arrêt au retour à Glacial Park (Montana).

1953 Voyage en Afrique du Sud et en Rho­désie.

Inclut la cybernétique dans sa phénomé­nologie.

1954 Séjour de deux mois en France.

1955 Mort subite à New York (1Q avril). Publication posthume du Phénomène humain. Début de la fortune intellec­tuelle et spirituelle de Teilhard.

 

 

1959 R. Garaudy : La Phénoménologie de la nature et le R. P. Teilhard de Char­din, in : Perspectives de l'homme (début du dialogue entre « teilhardiens et marxistes).

1961 G. Crespy : La Pensée théologique de Teilhard de Chardin (découverte, par les théologiens réformés, de l'apport religieux de Teilhard).

1962 Au Colloque de Venise sur Teilhard de Chardin organisé par Pax Romana, l'élite du catholicisme reconnaît comme sien l'un de ses plus grands penseurs.

1963 Madeleine Barthélemy-Madaule soutient avec succès à la Sorbonne la première thèse de doctorat d'État centrée sur Teilhard : Bergson et Teilhard de Chardin, et s'affirme comme la meilleure interprète de la philosophie teilhar­dienne.

1964 Le jésuite américain Christopher F. Mooney, à la Faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris, soutient avec succès sa thèse : Teilhard de Chardin and the mystery of Christ, Chris­tian revelation in an evolutionary system of thought (la théologie de Teilhard s'intègre à la théologie catho-lique).

1965 Ouverture de la Fondation Teilhard de Chardin, créée par Jeanne Mortier (Muséum National d'Histoire Naturelle­38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris-V) et qui s'efforce de rassembler tout document concernant Teilhard ou émanant de lui.

Esquisse chronologique établie par Claude Cuénot, extraite de son ouvrage Teilhard de Chardin, Coll. Écrivains de toujours, Éd. du Seuil, 1962.

 

Né le 1er mai 1881 en Auvergne, au château de Sarcenat, Pierre Teilhard de Chardin est le quatrième enfant d’une famille catholique de onze enfants. Entré au collège jésuite de Mongré, à Villefranche-sur-Saône en 1892, il obtient un baccalauréat de philosophie en 1897. Il commence alors un parcours religieux en intégrant le noviciat des jésuites d’Aix en Provence en 1899, et il est ordonné prêtre douze ans plus tard, en 1911 à Hastings, dans le Sussex; les jeunes étudiants jésuites ayant dû s'exiler en Angleterre sous la 3ème République. Entre temps, il passe trois années en Egypte de 1905 à 1908 pour accomplir "sa Régence" en enseignant la physique et la chimie. En 1912, il rejoint le laboratoire de paléontologie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, sous la direction du professeur Marcellin Boule, où il fait ses premiers pas de chercheur en paléontologie humaine en travaillant sur des fouilles à Altamira en Espagne.

Mais c’est bientôt la guerre et Teilhard est mobilisé en décembre 1914, comme infirmier - brancardier dans un régiment de tirailleurs marocains. Il refusera d'être aumonier, car il aurait été nommé officier et ne serait pas resté près des hommes, il ne sera donc que caporal . C'est dans ce cadre dramatique de la première guerre mondiale où il va connaître "le baptême dans le réel", que va éclore sa pensée philosophique. Elle s'exprimera dans ses lettres à sa cousine Marguerite Teilhard-Chambon - voir l'ouvrage "Genèse d'une pensée" et son premier essai "La vie cosmique" dans "Les écrits du temps de la guerre", 1916 -.

De retour à Paris, il reprend des études à la Sorbonne et obtient trois licences de sciences naturelles : géologie, botanique et zoologie. Devenu maître de conférence à l’Institut catholique de Paris, il passe son doctorat en 1922 avec une thèse " Les Mammifères de l’Eocène inférieur français et leurs gisements".

1923, marque un tournant dans la vie de Teilhard car c'est son premier contact avec la Chine, où il résidera ensuite plus de vingt ans entre 1926 et 1946. C'est lors de ce premier voyage, pendant un séjour en Mongolie dans le désert des Ordos, en 1923, que Teilhard écrira le texte mystique "La Messe sur le Monde". En 1931, il participe à la fameuse Croisière Jaune Haardt-Citroën. Les années "chinoises" de cet infatigable globe-trotter sont particulièrement riches du point de vue de ses recherches en géologie et en paléontologie. Il étudie l'histoire des Mammifères de la Chine du Nord et collabore étroitement aux fouilles de Choukoutien, où il découvre les preuves que l'Homme de Pékin, le Sinanthrope – un Homo erectus – est faber, c'est-à-dire qu'il pratiquait la taille des pierres et connaissait l'usage du feu.Ce voyage en Chine, sera de plus, le premier d’une longue série qui le mènera en Ethiopie, en Inde, en Birmanie et à Java.

1936, est marquée par deux épreuves : la mort de sa mère et celle de sa soeur Marguerite. C'est par elle, qu'il perçut un sens de la souffrance plus intime même que celui éprouvé pendant la guerre. Il écrira pour elle, alors présidente de l'Union des Malades, "l'Energie spirituelle de le Souffrance".

En 1937, Teilhard reçut au congrès de Philadelphie, la médaille Mendel en reconnaissance de ses travaux de paléontologie humaine. Puis fonde en 1940, l'Institut de Géobiologie à Pékin qui éditera une revue scientifique très régulièrement. Teilhard revient définitivement en France en 1946. A partir de 1951, Teilhard s'installe à New York, mais il se rend encore plusieurs fois en Afrique du Sud pour participer aux fouilles des gisements d'Australopithèques. Constatant que l'Afrique est le seul continent à présenter une "collection" complète des différents niveaux d'industrie lithique, il émet alors l'hypothèse, confirmée actuellement, d'une origine africaine de l'homme. A son retour d'Afrique, il se rendra aux Etats Unis et y restera définitivement, accueilli dans les bureaux de la Wenner-Gren Foundation, à New-York. C'est là qu'il s'éteindra à l'âge de soixante-quatorze ans, suite à une crise cardiaque, le jour de Pâques, le 10 avril 1955.

Si Teilhard a été reconnu internationalement par ses pairs scientifiques qui l'élirent à l'Académie des Sciences en 1950, il a entretenu toute sa vie avec les autorités religieuses romaines des relations plus conflictuelles. Sa pensée philosophique, alliant science et foi et reposant sur une conception globale de la place de l'Homme dans l'univers, a dérangé et aucun de ses livres, en dehors des publications purement scientifiques, n'a été édités de son vivant. Ils seront tous publiés à titre posthume grâce au travail de sa secrétaire Jeanne MORTIER qui créera La Fondation Pierre Teilhard de Chardin en 1964, Teilhard lui ayant légué par testament tous ses écrits non scientifiques en 1951.Parmi eux, on peut citer "Le Phénomène Humain" (achevé en 1940, paru en 1955), "Le Milieu Divin" (rédigé en 1927, paru en 1957), "L'Energie humaine" (1957), "La place de l'Homme dans la Nature" (1965) et "L'Avenir de l'homme" (1958). La collection entière des oeuvres de Teilhard a été édité par le Seuil en 13 volumes.

Pour en savoir plus on se reportera au "Teilhard de Chardin" d'Edith de la Héronnière, excellent ouvrage paru en 2002, la bible étant le Teilhard de Cuénot paru en 1958, 500 pages. Il existe beaucoup d'autres ouvrages interessants.

Hyperliens sur :
Groupe de Caen (Association Teilhard de Normandie)
Groupe de Lille (Association Teilhard de Lille)


4. Images

e château de Sarcenat

Tsarcenat_1.jpg

Marcellin BOULE

Teilhard dans les fouilles d'Altamira

- Espagne - 1931

Tespagne1931.jpg

Teilhard - caporal

Manuscrit de "La vie cosmique" - 1916 -

Sa cousine Marguerite Teilhard- Chambon

Teilhard - infirmier de guerre

Le désert des ORDOS - Mongolie -

Teilhard en 1923

un véhicule Citroën de la Croisière Jaune

Lucile Swan sculptant la tête du Sinanthrope

Teilhard à Choukoutien -Chine 1935 -

Teilhard en Inde - expédition en chameau -

Teilhard à JAVA, site de Trinil - 1935 -

avec le professeur von Koenigswald

sa soeur Marguerite

Teilhard à Starkfountain

- Afrique du Sud - 1951 -

Le testament de Teilhard léguant tous ses manuscrits non scientifiques à Jeanne Morti

Jeanne Mortier crée l'Association puis la Fondation en 1964


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évolution , avenir de l'homme , le phénomène humain , Omega , directions de l'avenir , noosphère , énergie humaine , la place de l'homme dans la nature , l'éternel féminin , l'apparition de l'homme , esprit-matière , âme du monde , amour du monde , sacré

 
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