Pour ceux qui aiment le Monde... en tête du "Le Milieu divin"

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                                                       LEXIQUE

DMR



A

ABSOLU : Cf. Transphénoménal

ACTIVANCE : Cf. Activation. (IX, p. 216, n. I.)

ACTIVATION : Capacité que possède une énergie de recevoir un surcroît d'excitation. L'activation est une capacité inhérente à l'énergie d'accroître son dynamisme, alors que l'activance est une capacité inhérente à la cause excitatrice de cette énergie (Vision, Point Oméga, Personne divine). (VII, p. 385-6.) (II, p. 357.)

AGRÉGAT : Accumulation, par inertie, de corpuscules et de corps qui ne constituent pas une totalité organique; assemblage quelconque d'éléments non arrangés (tas de sable, étoiles et planètes). S'oppose à Complexité. (VIII, p. 146-7.)

ARRANGEMENT : Effet improbable de synthèse et de complexification par organisation et centration hiérarchisée. I) Au sens large, désigne la médiation entre le tangentiel et le radial. (I, p. 155.) 2) En un sens plus spécifié, désigne une des deux formes de l'énergie tangentielle, celle où le radial assume une valeur dominante, par opposition au rayonnement, forme plus rudimentaire de l'énergie tangentielle, où le radial présente une valeur négligeable. (I, p. 62, n. i.)

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B

BIOSPHÈRE : Zone de la vie non réfléchie qui se situe entre les sphères de l'inorganique (lithosphère, hydrosphère...) et la sphère psychique (noosphère). Cette zone est le siège de propriétés physiques parfaitement déterminées et constituant une puissance commune de développement organique (à ne pas confondre avec le sens de Suess et de Vernadsky -lequel désigne une zone purement locale, sans structure d'ensemble et sans propriétés spécifiques). (VIII, p. 57.)

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C

CENTRATION : 1) Processus général de l'être par lequel celui-ci se reploie sur lui-même, s'intériorise et s'unifie. (VII, p. I 12.) 2) Premier stade de la dialectique existentielle du bonheur et première étape de toute vie spirituelle (unification de nous-mêmes au cœur de nous-mêmes, ce qui constitue la première condition du don de nous-mêmes, et, par là, précisément, d'une unification supérieure). (II, p. 61.)

CENTRO-COMPLEXITÉ : Coefficient mesurant le degré de centréité et de complexité, la centréité ( c' est à dire l'intériorisation) étant elle-même fonction de la complexité. Coefficient mesurant le degré de psychisme ou de " conscience " ( au sens teilhardien du mot : cf. Conscience). Cf. aussi Arrangement et Complexification. (VII, p. 107.)

CHRISTIQUE (LE) : Dilatation et universalisation du Christ historique jusqu'aux limites de l'espace et du temps. Par la perspective christique, le Christ historique acquiert sa dimension totale. Dans une vision évolutive comme celle de Teilhard, le terme de christique implique une vertu énergétique et transformatrice qui se révèle comme fondamentale. Le Cosmique, l'Humain et le Christique constituent à la fois les trois composantes de la vie intérieure de Teilhard en même temps que les trois dimensions du réel, représentant des formes de plus en plus hautes d'un mouvement unique de centration et d'union ( cf: ces termes) . (VII, p. 404.) (Le Christique, 1955, X.)

CHRISTOGENÈSE : Genèse du Christ, non pas en sa nature divine, mais en sa nature humaine, préparée par l'évolution cosmique, puis par la vocation du peuple d'Israël et se révélant par la naissance, la vie et la mort du Jésus historique (point critique et seuil d'émergence). Si le corps individuel du Christ, devenu glorieux par la résurrection, ne connaît plus de genèse, cette christogénèse n'en sera pas moins promue, grâce au Corps mystique, par l'ultra humain et se consommera dans la Parousie, lorsque la croissance du Corps mystique sera totalement achevée. (Le Christique, 1955, x.)

CHRIST OMÉGA : Le Christ en tant que réalisant la coïncidence entre le centre universel christique, fixé par la théologie, et le centre universel cosmique, terme de l'évolution, postulé par l'anthropogenèse, la Constitution du Corps mystique s'exerçant en concordance avec la convergence naturelle du monde. Cf. aussi Oméga. (Comment je vois, 1948, &#sect; 37, X.)

CO-CONSCIENTISATION : Progrès collectif de conscience, engendré par la Co-réflexion. Cf. aussi Co-réflexion; cf. aussi Conscientisation. (Le Christique, 1955, x.)

COHÉRENCE : Sur le plan particulier des rapports de la science et de la foi, désigne un rapprochement par mouvement interne, autonome et spontané. S'oppose à Concordisme (cf. ce terme). (Comment je vois, 1948, Avertissement, X.)

COMPLEXITÉ : Résultat de la complexification (cj. ce terme) .S'oppose à Agrégat. Cf. aussi Infini de complexité. (III, p. 313.)

COMPLEXITÉ-CONSCIENCE : Cf. Loi de complexité-conscience. (II, p. 304.)

CONCORDISME : Méthode de pensée, rejetée par Teilhard, qui consiste à rapprocher de l'extérieur le dogme et la science. A cette méthode Teilhard oppose la convergence, spontanée et intime, de la foi et de la science. Terme non spécifiquement teilhardien, s'oppose à Cohérence (cf. ce terme). (Lettre du 14 avril 1953, citée in: C. Cuénot, Pierre Teilhard de Chardin, Paris, PIon, 1958, p. 477.)

CONSCIENCE : Terme dont la signification est volontairement généralisée par Teilhard, sans tenir compte de son étymologie. Désigne toute forme de psychisme, depuis la plus diluée et la plus élémentaire, jusqu'à la plus concentrée, où le mot conscience, au seuil du psychisme humain, est relayé par le terme Conscience réfléchie, ou Réflexion (cf. ce terme). Teilhard respecte à la fois la continuité et la discontinuité. Cf. aussi Centro-complexité, Loi de complexité-conscience, Self- conscience. (I, p. 53, n. i.) (I, p. 343.)

CONSCIENTIATION : Montée de conscience (cf ce terme). (Le Dieu de l'évolution, 1953, XI.)

CONSPIRATION : Facteur psychique de sympathie par lequel chaque élément, tout en intensifiant sa densité personnelle, constitue avec tous les autres une unanimité d'amour, un " cœur à cœur " -inséparable d'une unité de pensée (ou co-réflexion) et d'action. Terme emprunté expressément à Edouard Le Roy. (II, p. 352.)

COSMIQUE (LE) : Désigne d'une part l'univers pris Comme un tout et constituant en dimension évolutive une première étape de l'organisation du multiple vers l'émergence de l'humain; d'autre part un pouvoir d'appréhender l'unité du monde qui constitue l'un des sens de l'esprit, le sens cosmique (cf. ce terme). Cf. aussi Christique (Le) . (Le Cœur de la matière, 1950, Première partie, titre, X. )

COSMOGENESE : L'univers évolutif conçu comme un système animé d'un mouvement orienté et convergent. Conception moderne et dynamique de l'univers. S'oppose au Cosmos statique. (VII, p. 282.)

CO-REFLEXION : Aspect collectif, socialisé, de la réflexion humaine. Désigne un processus plus intellectuel que la conspiration. Emerge sous forme caractérisée à partir des temps modernes, mais est présente à l'état inchoatif dans toute réflexion individuelle valable. (II, p. 335.)

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D

DEDANS DES CHOSES : Aspect ou " feuillet " psychique de l'étoffe du monde, ce psychisme pouvant être indéfiniment dilué ou fortement concentré, suivant la hiérarchie des niveaux du réel. (I, p 52-3.)

DYADE : Terme platonicien emprunté par Teilhard pour désigner le couple spiritualisé. (Le Cœur de la matière, 1950, Clausule, X.)

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E

ÉNERGIE : Dynamisme moteur. Constitue fondamentalement l'étoffe d'un univers en voie de personnalisation. Se manifeste sous forme granulaire, c'est-à-dire à partir de centres physico-chimiques, biologiques et psychiques. Cf. Activance, Activation, Energie christique, Energie contr8lée, Energie humaine, Energie incorporée, Energie radiale, Energie spiritualisée, Energie tangentielle. (VI, p. 90.)

ÉNERGIE CHRISTIQUE : Efficience du Christ en tant que, par son incarnation, il est moteur de l'évolution convergente et source de dynamisme surnaturel ou mystique. C'est la plus haute des énergies. (VII, p. 272.)

ÉNERGIE CONTROLÉE : Energie matérielle que l'homme parvient de mieux en mieux à maîtriser par l'intermédiaire des sciences et des techniques dans le but de les ordonner aux fins spirituelles. (VI, p. 146.)

ÉNERGIE HUMAINE : 1) L'énergie psychique et physique de l'homme lui-même. L'amour est l'énergie humaine par excellence. (VI, p. 181.) 2) Par extension, la part sans cesse accrue des énergies cosmiques que l'activité humaine soumet à ses fins. (VII, p. 409.)

ÉNERGIE INCORPORÉE : Energie cosmique qui s'est peu à peu concentrée et organisée de manière à former un corps vivant. (VI, p. 145-6.)

ÉNERGIE RADIALE : Energie intériorisante, centrique et évolutive, dont la progression est corrélative de celle de l'énergie tangentielle (cj: ce terme). Constitue avec elle un " arrangement " de mieux en mieux centré et de plus en plus complexe. Cf. aussi Dedans des choses . (II, p. 363, n. i.)

ÉNERGIE SPIRITUALISÉE : Energie qui, par effet de complexification, émerge au seuil humain sous forme spécifique de liberté, de réflexion et d'amour. Fait choc en retour sur le monde et le pénètre des intentions humaines. (VI, p. 146.)

ÉNERGIE TANGENTIELLE : Energie de nature thermodynamique établissant entre les éléments matériels des rapports de pure extériorité. Cette inter liaison est corrélative de l'énergie radiale (cf: ce terme) qui finalement la conditionne. Cf. Transience. (I, p. 62.)

ENROULEMENT : Processus qui tend à resserrer sur elle-même l'étoffe de l'univers et comporte deux étapes fondamentales, première- ment la formation des étoiles et des planètes à partir de l'immense, deuxièmement l'apparition de formes de plus en plus complexes et de mieux en mieux centrées à partir de l'infime. (Trois choses que je vois, 1948, X.)

ESPRIT-MATIÈRE : Propriété de l'étoffe de l'univers. Il n'y a pas, concrètement, de la matière et de l'esprit, mais il existe seulement de la matière en voie de spiritualisation. (VI, p. 74.)

ÉVOLUTION : 1) Au sens scientifique et phénoménal, loi de succession et de transformation de tous les phénomènes dans le temps (évolution généralisée à tous les niveaux de l'être). ( Christologie et Evolution, 1933, début, XI. ) 2) Au sens cognoscitif, dimension de toute pensée. Permet seule désormais d'appréhender le réel. (II, p. 298, n.2.) 3) Au sens ontologique et total, dimension phénoménale et temporelle d'une action transphénoménale, à savoir la création divine. (III, p. 323-4.) Cf. Evolutionnisme, Mal évolutif; Peine d'évolution, Rebondissement humain de l'évolution.

ÉVOLUTIONNISME : Conception généralisée de l'évolution (cf. ce terme). (III, p. 178. )

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F

FEMININ (LE) : Universalisation d'un être singulier qui est la femme sans que cette dernière cesse d'être personnelle. Intermédiaire entre l'homme et le cosmos, le féminin anime l'énergie cosmique en l'homme, et forme avec lui la dyade (cf. ce terme), c'est-à-dire l'unité de deux personnes en un tout qui doit se sur centrer en Dieu. La dialectique du féminin et du masculin est un agent essentiel de l'énergie unitive d'amour. (L'Evolution de la chasteté, 1934, XI.)

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G - haut de page
H

HUMAIN (L') : L 'humain se situe entre le cosmique et le christique. Il est à la fois la forme la plus haute d'arrangement atteinte par la cosmogénèse (forme caractérisée par le réflexif) et l'émergence d'un événement sans précédent, constituant un tout dont l'unité apparaît de plus en plus à l'homme moderne qui s'éveille à un véritable " sens humain " (cf. cette expression). Cf.. Noosphère, Phénomène humain, Ultra-humain. (VII, p. 399.)

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I

INFINI DE COMPLEXITÉ : Troisième infini ajouté par Teilhard aux deux infinis pascaliens de l'immense et de l'infime. Il réside dans le processus de complexification, donc d'unification, qui part d'un multiple indéfini pour aboutir à l'infinité du Centre divin. Ce troisième infini est à la fois une troisième dimension, et la synthèse des deux premières parce qu'il confère sa fonction temporelle complexifiante à un espace jusqu'alors statique. ( Un sommaire de ma perspective " phénoménologique " du Monde, 1954, in: P. Teilhard de Chardin, Je m'explique, Paris, Ed. du Seuil, 1966, p. 99.)

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J - haut de page
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L

LOI DE COMPLEXITÉ-CONSCIENCE : Loi spécifiquement teilhardienne : Paramètre (cf. ce terme) de l'ensemble de l'évolution; permet d'évaluer chaque étape de celle-ci selon deux facteurs étroitement corrélatifs l'un de l'autre: le degré de complexité, c'est-à-dire d'inter liaison " organique " entre des éléments de plus en plus nombreux, et le degré de " conscience " (cf. ce terme), c'est-à- dire de centrique et de psychique émergé; désigne à partir de l'émergence de la vie une forme supérieure et spécifique du processus cosmique de centration. Cf. aussi Infini de ComPlexité. (II, p. 195.)

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M

MAL : 1) Au sens ontologique, déchet du processus d'unification et retombée dans le multiple. 2) Au sens psychophysiologique, les passivités de croissance et de diminution (cf. ces termes) : Toutes les souffrances, douleurs, maladies, etc. 3) Au sens moral, la liberté a pour effet possible la faute. Au sens religieux, la même liberté a pour effet possible le péché, qui est la faute considérée comme refus fait à Dieu. Cette dernière dimension entraîne un débat non seulement éthique, mais encore métaphysique et théologique: Elle intègre tous les sens précédents. (ETG, p. 114 et 122.)

MAL ÉVOLUTIF : Conception teilhardienne d'après laquelle la douleur (mal non réfléchi) et la faute (mal réfléchi) sont liées à la structure d'un monde en devenir où l'être en voie d'unification se trouve écartelé entre l'appel de l'Un et une multiplicité toujours menaçante. Le mal évolutif, par son origine ontologique liée à l'existence d'une multitude non unifiée, est préalable à l'apparition de l'homme.

MATIÈRE : Au sens conceptuel, la matière pure est le multiple antithétique de l'Un; elle est à la fois ce qui s'oppose à l'énergie unitive et ce sur quoi cette dernière s'exerce. En tant que multiple, elle est objet de l'analyse, tandis que la synthèse appréhende l'être unifié. En dimension évolutive, donc phénoménale, il n'y a en réalité ni matière pure, ni esprit pur, mais de l'esprit -matière en voie de spiritualisation progressive (par unification), ou bien en danger de matérialisation régressive (par retombée dans le multiple), d'où une pluralité de noms de la matière jalonnant ce processus. Cf. Esprit-matière, Matière-Matière, Matière originelle.

MATIÈRE-MATIÈRE : Limite idéale du multiple, symbolisée par les formes les plus rudimentaires du règne minéral. (Le Cœur de la matière, 1950, x.)

MATIÈRE ORIGINELLE : Désigne la Matière-Matière en lui assignant sa position initiale dans le champ évolutif. (I, p. 53.)

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N

NOOSPHÈRE : Couche pensante (humaine) de la Terre, constituant un règne nouveau, un tout spécifique et organique, en voie d'unanimisation, et distinct de la biosphère (couche vivante non réfléchie), bien que nourri et supporté par celle-ci. A la fois réalité déjà donnée, et valeur à réaliser librement. (III, p. 81-2.)

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O

OMÉGA : 1) Sous l'aspect émergent, centre défini par la concentration ultime sur elle-même de la noosphère. Point de convergence naturel de l'humanité et par là même du cosmos tout entier. Terme de la maturation sociale et spirituelle de la Terre. (I, p. 288-9.) 2) Sous l'aspect transcendant et préexistant, Oméga est l'un des deux pôles apparents de Dieu, à savoir le Dieu fin de la création agissant par la médiation du Christ-Oméga (cf: ce terme). En réalité les deux pôles de Dieu, Alpha et Oméga, commencement et fin, coïncident dans l'unité et l'éternité divines. (Le Dieu de l'Evolution, 1953, sub fine, XI.)

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P

PARAMÈTRE : En géométrie, grandeur variable faisant partie de l'équation d'une courbe. Par extension, en biologie, critère dont les variations (le taux d'accroissement) permettent de mesurer le degré atteint à tel moment par le progrès évolutif. (VI, p. 34.)

PAROUSIE : Présence du Christ en gloire advenant à la fin des temps, faisant coïncider en elle le centre ultime Oméga, terme du monde phénoménal, et le Christ Oméga, consommant la totalité de la création dans l'accomplissement de son Corps mystique. (IX, p. 113.)

PASSIVITÉS : Les Passivités désignent par opposition aux Activités tout ce qui dépend en nous des énergies qui nous dépassent et que nous subissons soit pour y succomber, soit pour les intégrer. (IV, p. 72.)

PASSIVITÉS DE CROISSANCE : Désignent notre dépendance à l'égard d'énergies qui nous dépassent, que nous recevons et que nous intégrons à notre être afin de l'accroître. (IV, p. 81.)

PASSIVITÉS DE DIMINUTION : Désignent notre dépendance à l'égard des forces qui détruisent nos énergies mais qui peuvent être, si nous le voulons, l'occasion d'une plus grande disponibilité à l'action divine. (IV, p. 81-2.)

PÉCHÉ (ORIGINEL) : 1) Sous l'aspect individuel, acte par lequel l'homme, dans le premier usage de sa liberté, se prend lui-même pour fin et par conséquent refuse Dieu. Option préparée par l'émergence de la conscience réflexive et libre, qui prend pour absolu sa propre autonomie. (ETG, p. 120 et 123.) 2) Sous l'aspect collectif, acte doué d'un pouvoir immédiat d'extension spatio-temporelle à toute l'humanité considérée non pas seulement Comme un ensemble juridique d'individus, mais comme un tout organique, sans que soit annulée pour autant la responsabilité de la faute. (Réflexions sur le péché originel, 1947, XI.) 3) Sous l'aspect cosmique, acte qui doit être situé comme une contrepartie de l'unification progressive du multiple tout en demeurant humainement le choix d'une volonté positive. (Chute, rédemption et géocentrisme, 1920.)

PEINE D'ÉVOLUTION : Désigne à la fois la souffrance et l'effort positif qui sont à la base de toute progression. (VII, p. 189.)

PHÉNOMÉNOLOGIE : Connaissance du spatio-temporel évolutif par opposition à la connaissance de l'être, qui constitue l'ontologie. Vision synthétisante de la totalité des phénomènes et de la totalité du phénomène, face interne et face externe, par opposition à la science dont chaque discipline se spécialise dans un secteur du réel, se limite à l'extériorité du phénomène et s'interdit toute extrapolation. Construction de la signification d'ensemble du réel à partir de l'homme pris pour centre et fondée sur une loi générale de récurrence qui traduit l'ordre de liaison successif des phénomènes. La phénoménologie de Husserl est une phénoménologie de la conscience, celle de Teilhard une phénoménologie de la nature, elle ne doit donc pas être confondue avec la phénoménologie des phénoménologues. (Lettre à T.V. Fleming, New York, 18 mai 1954 in: The Heythrop journal, janvier 1945, p. 42.)

PHYLÉTIQUE (LA) : Discipline qui a pour objet les phyla, qui met donc en jeu la dimension temporelle et l'orthogénèse, et dont la constitution est plusieurs fois réclamée par Teilhard. (III, p. 383-4. )

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R

REBONDISSEMENT (HUMAIN) DE L'ÉVOLUTION : Seuil où se produit à la fois un renouveau du mouvement évolutif que l'on pouvait croire arrêté et une sorte de choc en retour provenant de ce que la conscience " née " de la complexité se trouve désormais en mesure de réagir sur cette même complexité pour en obtenir un nouveau pas en avant de l'homme et de l'humanité. (V, p. 223-4.)

RÉGIME DE COSMOGÉNÈSE : Mode de pensée prenant pour point de départ la conception évolutive d'un univers organique et convergent où tout élément et tout événement ne peuvent apparaître qu'en liaison avec le développement temporel de l'ensemble, et où l'étoffe du monde s'enroule sur elle-même autour d'un centre nommé Oméga. (VII, p. 267-8.)

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S

SENS : Fonction intuitive de l'esprit qui vise un contenu à la fois très ample et très concret, témoigne de sa réalité et, sans en épuiser la richesse, nous met en communication avec lui. (Comment je vois, 1948, § 35, x.)

SENS CHRISTIQUE : Intuition qui nous met en contact avec les énergies spirituelles émanant du Christ. Cf. Christique (le). (Le Cœur de la matière, 195°, X.)

SENS COSMIQUE : Intuition qui nous met en contact avec le tout de l'univers et nous fait saisir l'unité sous la multiplicité. Cf. Cosmique (le). (VII, p. 227.)

SENS DE LA TERRE : Intuition par laquelle nous nous découvrons solidaires de la structure planétaire qui entraîne l'humanité à constituer autour de la Terre une véritable sphère de la pensée ou noosphère. (VI, p. 39.)

SENS DU TOUT : Cf. Sens cosmique (VII, p. 182.)

SENS HUMAIN : Prise de conscience de l'humanité comme totalité tangible et concrète, capable de prendre en mains son évolution et de construire son avenir . (Le Sens humain, 1929, début, XI.)

SOUFFRANCE : Synonyme de passivité produisant soit une croissance soit une diminution apparente de l'être, et de toute manière, pourvu que l'homme le veuille, transformable en une énergie spirituelle. Dans la perspective teilhardienne, elle est le signe d'un monde en état d'inachèvement et de métamorphose, où le multiple n'est pas encore unifié. (VI, p.65.)

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T

TRANSPHENOMENAL : Réalité ontologique qui tout à la fois s'oppose au phénoménologique et constitue son fondement. Attingible par deux voies : 1. la connaissance, qui atteint l'être d'une part en se dilatant à l'ensemble des phénomènes, d'autre part en approfondissant le dedans des choses (cf. ce terme) ; 2. la dialectique existentielle de l'action, qui réclame la garantie de l'absolu et de l'immortalité. (V, p. 269.)

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U

ULTRA-HUMAIN : Stade évolutif à venir où l'humanité, planétisée et unanimisée, se dépassera elle-même sur le plan affectif ( conspiration cf. ce terme) et réflexif (co-réflexion cf. ce terme), achevant l'unité de la noosphère et découvrant de plus en plus son centre Oméga en avant dans l'imminence de la Parousie. (VII, p. 327.)

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V

VÉRITÉ : S'identifie chez Teilhard à la réalité, dans la mesure où le connaitre et l'être ne sont pas séparés. S'exprime par une totalité structurée ( " cohérence ")qui n'est pas définitive, mais sert de point de départ ( " fécondité ")vers une synthèse ultérieure sans cesse remise en question et sans cesse corrigée. (VI, p. 71.)

VIE : Seuil de discontinuité dans la complexification de la matière, et par conséquent dans le progrès de la conscience; moment où l'on passe du moléculaire (pré-centrique) au phylétique (cf. ce terme). (VIII, p. 34.)

VISION EN COSMOGENESE : Cf. Régime de cosmogénèse.

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